19 avril 2005 | Geneviève

Jeune fille de couleur

Treize ans, toutes ses dents, bourrée de talents. Jeanne Clermont-Beaudoin n’est ni artiste, et encore moins amateure de vin, mais parle à merveille le langage de la couleur.

par Martine Roux

Le vin, très peu pour Jeanne Clermont-Beaudoin. Normal : cette charmante blondinette n’a que 13 ans, et bien que sa première œuvre diffusée décore l’étiquette de la cuvée réZin blanc 2005, elle n’a que faire du contenu de la bouteille.

C’est son père, Éric Beaudoin – également l’un des pères fondateurs de réZin – qui lui a fait la surprise d’imprimer l’un de ses dessins sur des milliers de bouteilles de sauvignon blanc. Jeanne en a été la première étonnée : elle lui avait offert ce tableau en cadeau de Noël lorsqu’elle avait onze ans, et elle était loin de s’imaginer assister un jour à sa diffusion hors des murs de sa maison.

Elle est d’ailleurs bien embêtée d’expliquer la démarche ou l’inspiration derrière «l’œuvre» : il s’agit tout bonnement de douze petits dessins composés sur un coin de la table du sous-sol, et assemblés en patchwork.

N’empêche, le résultat est du plus bel effet. Aurait-elle un peu de Picasso dans le sang? «Je ne crois pas, pouffe-t-elle. La plupart de mes dessins sont vraiment laids. Pour moi, c’est un passe-temps comme un autre.»

Et des passe-temps, elle n’en manque pas : élève de l’école secondaire Pierre-Laporte, un établissement notamment reconnu pour sa formation musicale, elle étudie le piano depuis quelques années déjà. Elle a aussi suivi quelques ateliers de théâtre avec le comédien Patrick Labbé, a flirté avec la danse, et fait partie d’une chorale. C’est ce qu’on appelle une ado occupée.

À l’occasion, elle accompagne son père dans des galeries d’art contemporain, où elle remarque et apprécie certaines œuvres. «J’aime ce qui est très coloré, particulièrement les tableaux où l’on voit des gros traits de pinceaux pleins de couleurs. J’accroche aussi sur les petits détails, ceux qui ont nécessité beaucoup de travail par l’artiste. Ça me donne souvent le goût d’essayer de faire quelque chose de semblable…»

Ceux qui déteignent
À force de gratter, on trouve quand même quelques inspirations chez la jeune artiste. Elle cite notamment des émules de Paul-Émile Borduas : feu Jean McEwen et Rita Letendre, deux peintres qui utilisent abondamment la couleur dans l’art abstrait. «J’ai vu leurs tableaux en vrai, et j’ai aussi lu des livres qui parlent d’eux. J’aime particulièrement ce qu’ils font : ce sont leurs œuvres qui m’ont donné l’idée de faire un tableau multicolore.»

Pour réaliser ce sans-titre, elle a utilisé les moyens du bord. Ses pièces à conviction : de la peinture acrylique, un mouchoir, du ruban à coller. Et l’embout d’un pinceau… mais pas celui où il y a les poils. Elle a plutôt inversé l’outil pour imprégner des marques dans ses dessins et leur donner un relief qu’accentue le frottage au mouchoir. Fallait y penser, tout de même.

«C’est par hasard que j’ai pensé à créer du mouvement avec des mouchoirs et le bout du pinceau. Finalement, ça m’amusait, et j’ai fait douze dessins différents sur ce modèle. Une fois collés ensemble, j’ai trouvé que c’était super beau!»

Malgré tout, entreprendre une carrière artistique ne l’intéresse pas le moins du monde. Pour l’instant, du moins. «Je ne pense pas avoir la vocation d’une artiste. Ce qui m’intéresse davantage, c’est la médecine ou la psychologie….» Mais elle continue d’explorer les arts visuels, notamment avec le concours d’une tante qui dessine au fusain et au plomb, ou encore, de ses grands-parents. «On ne sait jamais, je deviendrai peut-être vraiment bonne un jour. Chose certaine, il ne faut pas me demander de peindre des oeuvres particulières. Je serais absolument incapable de peindre sur commande !»

 

Cuvée réZin 2005 - Blanc

Cuvées RéZin 2005 Vin de pays du jardin de la France.

De plus en plus, les cuvées réZin sont destinées à l’amateur de vins naturels pour qui le plaisir réside dans la franchise des parfums et dans la personnalité davantage que dans les préjugés propres aux cépages ou aux appellations.

Le vin est toujours issu de raisins cultivés le plus naturellement possible et la vinification, comme l’élevage, se déroule avec un minimum d’interventions.

Comme à chaque année, il s’agit de vin 100% fruit, sans aucunes levures chimiques, aucun acide, sucre de betterave ou enzymes ajoutés. Il est assemblé par nos soins à la cave et mis en bouteilles sans filtration. Cette façon de faire permet d’embouteiller un produit fidèle à l’essence même du fruit, du millésime et du terroir d’origine.

Le Jardin de la France, c’est la Loire, et dans le cas qui nous concerne, la Touraine. Voici l’exemple le plus abordable de l’idée que nous avons de l’esthétisme du sauvignon blanc. Loin des lieux communs représentant la variété – buis, bourgeons de cassis, pipi de chat et autres désagréments du genre confirmant le manque de maturité ou l’utilisation de levures – notre sauvignon est subtilement marqué d’arômes de fleurs et de fruits mûrs comme en témoignent les degrés inscrits au registre. La beauté de la chose, c’est que malgré une apparente puissance, c’est l’impression de boire un nuage qui demeure en bouche.

Le réZin blanc 2005 se boit frais à l’apéro, sur des huîtres, des charcuteries et des fritures.

Cuvée réZin blanc
Thierry Puzelat
Vin de pays du jardin de la France
15,90 $

PUBLIÉ DANS: Artistes

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